Le médicament constitue ainsi la troisième cause d’évènements indésirables graves liés aux soins, derrière les actes invasifs et les infections liées aux soins, et sur les 60 à 130 000 évènements comptabilisés chaque année, 15 à 60 000 seraient évitables, liés à des erreurs de produit, de conditionnement ou de pratiques [IGAS 2011].
L’enjeu est donc important et les pouvoirs publics comme les directions hospitalières ont fait de véritables efforts pour optimiser la sécurité de la chaîne du médicament. L’informatisation des établissements a du coup nettement progressé ces dix dernières années ; mais l’automatisation, puissant facteur de sécurisation, est encore rare.
Plus de sécurité pour le patient, plus de temps pour les soignants
« Il faut dire que jusque récemment, ces équipements étaient très onéreux. Depuis les choses ont changé et l’automate devrait se démocratiser dans les dix prochaines années » prédit Julie Bourgueil, directrice générale adjointe d’UniHA. C’est dans ce contexte que cette communauté hospitalière a lancé un accord-cadre* : objectif, faire des économies d’échelles dans l’acquisition du matériel, mais aussi optimiser l’organisation des services découlant des gains de temps découlant de sa mise en service. Avec à la clé, la sécurisation des patients et, la possibilité pour chaque professionnel de se recentrer sur son cœur de métier.
Jean-Marie Kinowski, pharmacien au CHU de Nîmes, explique : « les automates de délivrance globale sont de grandes armoires vitrées informatisées et automatisées, dans lesquelles des bras équipés de caméras rangent les commandes et préparent les caisses destinés aux armoires des services de façon très rapide, sans risque d’erreurs et en respectant l’ordre des dates de péremption ».
Les pharmaciens dégagent ainsi du temps pour être plus disponibles auprès des services et auprès des patients en développant la pharmacie clinique, l’éducation thérapeutique, la conciliation médicamenteuse. « Les préparateurs, eux, seront plus disponibles pour renseigner et aider les soignants dans les services, sur des questions telles que la préparation de doses, l’établissement de protocoles, la manipulation de dispositifs médicaux, ou encore sur la vérification des armoires des services », ajoute ce pharmacien.
L’automate prépare les piluliers
Et ce n’est pas tout. UniHA prévoit le même accord-cadre dès l’an prochain pour des automates de délivrance nominative. « Cette fois, cet automate permet de préparer des piluliers pour les patients à partir de la prescription informatisée du médecin, explique le pharmacien. Les services recevront un anneau nominatif par patient, où seront enfilés des sachets contenant chacun une des unités médicamenteuses prescrites ».
Plus de pilulier à préparer par l’infirmière, avec à la clé moins de risque d’erreur et un gain de temps appréciable. « In fine, ce dispositif est complété au lit du malade par un dernier niveau de sécurisation : l’infirmière scanne le bracelet du patient, le code-barre de l’anneau puis celui de chaque sachet pour valider chaque administration ». Un moyen de repérer toute erreur sur cette dernière phase d’administration. Et d’optimiser encore un peu plus la sécurisation du circuit du médicament.
* ouvert aux adhérents UniHA, et sous conditions aux établissements non adhérents.
Caroline Guignot
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