Etudiant en soins infirmiers (ESI) : Suis-je couvert par l’infirmière qui m’encadre ?

Lors de ses stages, l’étudiant en soins infirmiers (ESI) est pleinement intégré au milieu professionnel, à tel point qu’il est reconnu légalement habilité à exercer la profession.

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Suis-je couvert par l’infirmière qui m’encadre ?L’article L. 4311-12 CSP précise notamment que « l’exercice de la profession d’infirmier est permis aux étudiants préparant le diplôme d’Etat pendant la durée de leur scolarité, mais seulement dans les établissements ou services agréés pour l’accomplissement des stages ».

Ainsi, bien qu’il reste en phase d’apprentissage et d’acquisition de savoirs, l’étudiant en soins infirmiers en stage est totalement responsable des actes qu’il réalise.

Au même titre que tout infirmière confirmée, il doit à son patient des soins attentifs et consciencieux et répond de ses responsabilités civile, pénale et disciplinaire.

En effet, on imaginerait mal que, sous prétexte d’être réalisés par des étudiants, les soins dispensés soient de qualité et sécurité moindres que ceux dispensés par un professionnel diplômé d’Etat.

Le risque lié à l’inexpérience du stagiaire n’ayant pas à être « supporté » par le patient, il doit être évalué et « compensé » par l’infirmier référent du stagiaire. Dans ce sens, l’infirmier référent ne doit confier à l’étudiant que des actes qui correspondent au degré d’autonomie acquis. Ce degré d’autonomie dépend de la personnalité de l’étudiant, des enseignements reçus, de son expérience et des risques inhérents à l’acte.

En aucune manière l’autorisation donnée par le référent n’est susceptible de « couvrir » l’étudiant des conséquences de ses actes puisqu’il doit avoir conscience des limites de sa compétence réglementaire et technique.

Par exemple, un étudiant en stage à qui l’on confie un soin auprès d’un patient est seul responsable de la chute de celui-ci s’il le déplace sans demander d’aide, ou sans avoir pris connaissance des consignes annexées au dossier.

Si un « encadrant » ne peut être tenu responsable à la place d’un étudiant fautif, il arrive toutefois que sa responsabilité soit retenue pour n’avoir pas correctement évalué la capacité de l’étudiant, vérifié ce qu’il a compris ou surveillé celui-ci lors de la réalisation d’un acte technique.

Le cas typique, que l’on retrouve dans plusieurs décisions de justice, pourrait être celui de l’étudiant, généralement très bon élève, effectuant un stage dans un service en sous-effectif, et qui se voit confier la réalisation, seul, d’une injection de chlorure de potassium.

Malheureusement si l’étudiant se méprend sur la voie d’injection du produit et provoque le décès du patient, il risquera d’être reconnu coupable d’homicide involontaire, ainsi que l’infirmière référente pour son manque de surveillance, dès lors qu’il s’agissait d’un acte à risque.

 Juriste MACSF

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Réactions

25 réponses pour “Etudiant en soins infirmiers (ESI) : Suis-je couvert par l’infirmière qui m’encadre ?”

  1. Mathieu Guyon dit :

    La nouvelle formation est clairement une façon de détruire la transmission du métier par ses pairs, en laissant croire que nous sommes un métier universitaire, pour que les crédits soient récupérés par les universités. Il y a urgence d’un retour à une vraie formation avec plus de stages variés, une durée de formation de quatre années pleines, et des évaluations valables avec des contenus qui correspondent à la réalité du métier et pas à une vision technocratique et technicienne.

  2. Et les msp formatives y avez vous songé ? Ça existe encore et au moins l étudiant sait où il en est

  3. En ces temps de « froidure » une bonne couverture est plus que nécessaire ….mais au pénal vous serez toujours responsable!

  4. Chez nous des le départ on encadres les étudiants c’est la relève de demain faut pas croire que c’est facile il y a des référents même pour les as il y a des IDES qui s’en foute des étudiants mes je veillerais que toujours sa soit fait dans les règles de l’art et je crois que certains on du mal à se rappeller qu’ils ont été à leur place

  5. Rika Mat dit :

    Qu’en pensent les esi?

    • bordid dit :

      Les ESI passent environ 50 évaluations NOTÉES comptant pour l’attribution du DE, certaines définies par la fac, la majorité est dite coeur de métier, faite par des professionnel (le)s, des cas concrets et d’autres, comme vous dites …vous souhaitez qu’ils en aient encore plus ??? En stage, ils sont responsables de leurs actes. Ils doivent être accompagnés, ni plus ni moins que les anciennes générations d’infirmier (e) s, pas moins surtout !!! Ce sont les professionnels qui amènent les ESI à acquérir de la compétence, ce ne sont pas des pseudos scènes de théâtre que sont les MSP, qui font des infirmiers compétents. Les plus anciens d’entre nous (infirmiers et formateurs) ont des contre exemples cinglants ! Nous ne pourrons pas revenir en arrière ; ce programme doit aller de l’avant et former des infirmier (e) s compétents, les infirmiers de terrain sont en première ligne, il faut leur donner des moyens bien sûr, mais il faut aussi qu’ils, elles aient envie de contribuer à faire d’eux de futurs collègues, de croire en eux, de les aider à avancer dans ce métier difficile, de leur DONNER TOUS les » petits trucs infirmiers », ceux qu’on apprend pas à l’école !!! Je vous en prie ne réclamez pas des msp, des évaluations, mais réclamez du temps et des collègues pour encadrer, accompagner, former, aider les ESI dans leurs apprentissages pour qu’il prennent du plaisir à exercer ce métier en pleine responsabilité.
      Didier, infirmier, promotion 76/79 !!!, cadre de santé, formateur en IFSI/IFAS

  6. Pfitz Jenn dit :

    Oui retournons au DE écrit et pratiques! Les étudiants seront plus sous surveillance en stage et on mesurera mieux leurs acquis avec des cas concrets Bossé en cours êt noté !
    Je suis pour l’ancien système !
    On est déjà lâché trop jeune dans la nature lorsque on termine l’école (jt diplômée à 22 ans pour ma part)
    Avec toutes les responsabilités qu’on a pas forcément mesuré en tant qu’étudiant …

  7. Cyril Curtat dit :

    Déjà la question de départ veut rien dire… Couvert par quoi? Par qui? Comment? Ça veut dire quoi couvert par une infirmière ? On parle de ses assurances ou de sa responsabilité légale? Parce qu’au niveau légal, y’a pas photo, les deux entités eide/IDE sont bien distinctes… Et aucunement la faute retenue ne peut être imputée à un tiers. Seul le défaut d’encadrement peut être retenu pour l’IDE. Et pour l’assurance des stagiaires, c’est celle de l’école qui entre en jeu…

  8. Il faudrait aussi revenir au système évaluation formative / évaluative
    DE écrit mise en pratique etc…. Notre diplome ce dévalue a vu d œil

  9. Mathieu Guyon dit :

    On couvre tout le monde : AS, étudiants, ASH, médecins, AS… Prenez une assurance professionnelle c’est un conseil vu le nombre de professionnels qui vont tout nous mettre sur le dos lorsqu’il y aura un problème. On devrait faire la grève de l’encadrement et demander une prime de risque pour encadrer les étudiants, ça nous permettrait de financer nos assurances pro.

  10. Aurelie Riva dit :

    Perso j ai constate que ds plus en plus d étudiant te dise maîtriser un soin technique alors qu ô final qd tu évalué C bien loin d être acquis cela provient il du peu de stage ?

  11. Chacun est responsable de ses propres actes, Mais on doit s’assurer du niveau et des capacités à effectuer et comprendre les soins d’1 étudiant sous notre responsabilité mais on est pas responsable de son comportement, d’1 acte commis sans qu’on puisse intervenir,sans qu’on es soit informé : le but c’est de pas être tout le temps près des étudiants ou de leur montrer sans cesse sans laisser faire hors c’est un peu c’e qui se passe je trouve.

  12. Et la gratitude qui va avec …. Ma chef …nous appelait les fermières …. Pas de très bon goût ….

  13. Au vu des commentaires qui me précède, il aurait été judicieux ds cet article, pourtant rédigé par un juriste, de se mettre à la place du lecteur et d’apporter des précisions de base : responsabilité civile, pénale, administrative…
    l’employeur est civilement responsable pour ses salariés (relation commettant-préposé)
    pénalement, chacun est responsable de son propre fait

  14. Metier à risque! Que de responsabilités sur nos épaules

  15. La « couverture  » n’existe pas….chacun est responsable de ses actes. L’infirmière doit évaluer les compétences de l’étudiant, et l’étudiant doit être conscient de ses capacités !

  16. Kittycat Mel dit :

    bah vous savez que l’infirmière couvre tout le monde… quand ce ne sont pas les bourdes des médecins, ce sont les actes de l’EIDE qu’elle peine à encadrer, sans parler du taf qu’on estime qu’elle doit faire à la place de pas mal de monde… mais qui couvre l’IDE ? Personne

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