« Être membre d’une société savante est un atout pour la qualité de vie au travail »

« Être membre d’une société savante est un atout pour la qualité de vie au travail »

Fondée en 1971 par des médecins afin de faire reconnaître la spécialité, la Société de réanimation de langue française (SRLF) a progressivement fait une place aux infirmiers et autres paramédicaux. Le point avec Anne-Sophie Debue, infirmière et vice-présidente paramédicale.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation en lien avec les infirmiers (voir encadré). 

Anne-Sophie Debue, infirmière et vice-présidente paramédicale de la SRLF. © DR

Dans quel contexte la SRLF a-t-elle été créée ?

L’objectif des médecins qui l’ont initialement fondée était de faire reconnaître la spécialité de réanimation, née dans les années 1960 avec l’épidémie de poliomyélite au Danemark, ainsi que le développement de techniques particulières de prise en charge et de surveillance rapprochée.

Ils entendaient la promouvoir via deux axes : la recherche clinique et le partage de bonnes pratiques, puis l’éthique.

Rapidement, la SRLF a été partie prenante de recherches portant sur les limitations et les arrêts des traitements en réanimation, participant à l’élaboration de la législation actuelle sur le sujet.

À quel moment la place des infirmiers y a-t-elle été reconnue ?  

La première commission du congrès infirmier a été créée en 2006. À l’époque, son secrétaire était un médecin.

Depuis 2013, la secrétaire est une infirmière, de même que sur les douze membres, il n’y a plus que trois médecins. Les autres professionnels sont des psychologues, des aides-soignants, des kinésithérapeutes. Il n’y a plus de leadership médical.

L’ouverture des postes infirmiers au sein des autres commissions date de 2009 et il a fallu attendre 2012 pour que le premier infirmier intègre le conseil d’administration. Aujourd’hui, pour faire partie des commissions, il faut être élu donc adresser un curriculum vitae et une lettre de motivation. Depuis 2020, il y a une augmentation constante du nombre des paramédicaux dans toutes les commissions avec un objectif de parité à atteindre. En 2020, la commission des formations est passée de onze médecins et un infirmier, à six médecins et six infirmiers. En 2024, sur les 3087 membres de la SRLF, 1160 sont paramédicaux.

Quel est le rôle de la commission du congrès infirmier ?

Le premier congrès infirmier, intégré au congrès général de la SRLF, a été organisé en 2007 avec une salle dédiée sur deux jours, avant de progressivement prendre de l’ampleur.

Désormais, 70 sessions sont consacrées à des thématiques infirmières. Le programme, très conséquent, se prépare d’une année à l’autre par la commission dédiée. Auparavant, les infirmiers n’avaient accès qu’à certaines sessions et ne pouvaient pas participer à celles des médecins. Désormais, toutes les sessions sont ouvertes à toutes les professions, une évolution d’autant plus importante que les thématiques sont transversales.

Quel est l’intérêt pour les infirmiers d’y participer ?

L’ensemble des infirmiers peuvent se sentir concernés par les thématiques que nous abordons, plus particulièrement ceux déjà experts car titulaires de diplômes universitaires en réanimation, en ventilation, ou pratiquants l’oxygénation par membrane extracorporelle (Ecmo).

Lors du congrès 2025, nous aborderons des thématiques transversales autour de la ventilation, des défaillances d’organes ou encore l’infectiologie, et ce à différents niveaux d’expertise.

Comment les convaincre de participer aux commissions ?

Depuis un an et demi, je cherche à sensibiliser les hôpitaux, les institutions et les tutelles de l’intérêt de libérer du temps paramédical afin de permettre aux soignants de participer aux commissions. Car contrairement aux médecins, pour y prendre part, nous devons généralement poser une journée de congé alors que nous sommes déjà bénévoles.

Cette participation est pourtant bénéfique aux services car les infirmiers participants vont ramener des bonnes pratiques, partager des savoirs, des savoir-faire. Ils vont aussi se créer un réseau, qui va grandir.

Au sein de leur service, en devenant référents d’une thématique, ils vont obtenir une forme de reconnaissance par les professionnels, se sentir valorisés. Cette reconnaissance fait partie, selon moi, de la qualité de vie au travail (QVT). Travailler en groupe, avec des médecins, des professeurs, prendre connaissance des pratiques d’autres services, rencontrer des pairs aussi investis que soi, permet de soutenir cette énergie. Cela fait partie des enjeux et nous voulons vraiment essayer de faire comprendre l’importance de donner cette opportunité aux soignants.

https://www.srlf.org/paramedicaux

Propos recueillis par Laure Martin

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